Un signe? Dans son édition du 15 février 2005, le “Corriere della Sera” se fait l’exégète du Radeau de la Méduse. Alastair McEwen, le traducteur des livres d’Umberto Ecco, se demande ainsi s’il faut voir dans le tableau peint par Géricault vers 1819 une métaphore de la France à un moment dramatique de son histoire [...]
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Notre créneau est un libéralisme de droite», écrivait récemment le rédacteur en chef du magazine économique «Bilan». Il comptait peut-être rendre la monnaie de sa pièce au concurrent «l’agefi» dont le correspondant parlementaire vient de lancer l’Institut Constant, un laboratoire d’idées à côté duquel Avenir Suisse, pourtant sponsorisé par Novartis et le gratin radical, ressemble à un repaire de maoïstes. De son côté, le quotidien «Le Temps» n’en finit pas de concocter une nouvelle formule pour ses pages économiques, sous la houlette d’un ancien journaliste de «l’agefi» qui revendique lui aussi de fortes affinités néolibérales. Tous ces journaux ont un point commun: ils montrent du doigt l’idéologie de gauche. Mais leur surenchère pour s’en démarquer est-elle vraiment authentique? On peut se le demander, en effet, tant le matérialisme libéral semble déjà l’emporter partout. En effet, la chute du mur de Berlin a désinhibé les partisans d’une économie conquérante et égoïste, obnubilée par les performances boursières. Au nom du grand casino de la mondialisation, on délocalise, on licencie en masse. Avant d’être transbordées dans les paradis fiscaux, d’immenses fortunes se créent, accentuant chaque jour la distance abyssale qui les sépare déjà de la classe moyenne, celle-ci s’imposant comme l’unique contribuable de la nation. A tel point que l’on se demande si cette catégorie de la population n’est pas en voie de paupérisation accélérée.
D’ailleurs, qu’est-ce qu’un libéralisme de droite? Et pourquoi en faire l’enjeu d’une compétition, alors que l’Etat a déjà perdu son rôle d’arbitre providentiel? Souvent issus de la grande industrie, les gouvernants tiennent des discours mâtinés de populisme où il n’est question que de réductions de déficits sur le dos de la sécurité sociale.
Les thuriféraires médiatiques de la nouvelle droite veulent se distinguer du restant de la corporation, censée être trop «à gauche». Pourtant la presse, surtout audiovisuelle, ne se distingue pas actuellement par une capacité extraordinaire à enrayer la marginalisation des faibles et des déshérités. Aux mains des annonceurs qui les font vivre, les médias participent d’une culture de la consommation où l’apparence est reine. On dope le téléspectateur aux JO ou à Star Academy. On charge les vedettes du cinéma ou de la chanson de transmettre le message politique, comme à Davos. On propulse les affaires de coeur des têtes couronnées à la une des journaux. Mais qui se préoccupe véritablement de la consti-tution européenne, des déchets nucléaires et du réchauffement climatique?
Il fut un temps où les intellectuels se réclamaient massivement des idées de gauche. Le vent a tourné, mais il souffle toujours sur un troupeau de moutons.
(1) Article publié dans “La Liberté” du 15 février 2005
Encyclopédie vivante du football, l’auteur de guides Daniel Masnari est un homme très sollicité. Mais comme beaucoup d’hommes habités par une immense passion, il doit se battre contre les vautours. Du genre ce quotidien de boulevard qui a “oublié” de le rémunérer après avoir utilisé des documents qu’il a fournis. Ou bien tel autre journaliste [...]
Informé de la présence de traces d’amiante dans ses locaux, l’état-major de la télévision romande a décidé d’avancer de deux ans le déménagement des personnels de la tour TV à Genève, prévu au départ en 2007. La direction ne veut pas faire courir de risque à ses employés… du moins à une partie d’entre eux, [...]
D’accord, le développement durable, s’il est très à la mode, demeure un concept touffu. Et son modèle concurrent plus radical, la décroissance soutenable, n’est pas moins abstrait. Mais ces deux projets pour le monde participent malgré tout d’une dialectique bien réelle qui est une remise en question du rôle de l’économie. Même Davos - soudainement [...]
Le premier cas examiné par le groupe de travail lui est soumis par la collaboratrice directe du chef du personnel d’une grande entreprise présente dans toute la Suisse. A la tête d’une équipe d’une douzaine de personnes, elle s’estime confrontée à un problème de loyauté vis-à -vis de son supérieur hiérarchique, dont les compétences sont mises [...]
Les assureurs ont le vertige. Le retour aux bénéfices qu’ils enregistrent depuis 2003 n’ôte rien au redoutable constat: le coût global du réchauffement planétaire va doubler en très peu de temps. En 2015, par exemple, il atteindra la somme faramineuse de 150 milliards de dollars. A eux seuls, les assureurs devront en assumer annuellement près du tiers, soit environ 40 milliards.
Les experts ès sciences actuarielles sont formels: depuis une trentaine d’années, les dommages résultant de catastrophes naturelles suivent une courbe exponentielle qu’amplifient les phénomènes démographiques et économiques. Il y a quelques mois, le soussigné interrogeait Pamela Beck, physicienne d’origine genevoise, qui dirige l’unité de climatologie du groupe Swiss Re, une multinationale qui n’a rien d’une chapelle altermondialiste. Voici ce qu’elle déclarait: «La confiance exagérée dans les technologies modernes n’incite pas à la prudence. Au bord de l’Atlantique, les hôtels poussent comme des champignons. Cette tendance accroît leur vulnérabilité en cas de tempête». On mesure mieux avec le recul la portée de ces propos.
L’impact exact attribué au climat, notre interlocutrice ne parvenait pas vraiment à le quantifier. Mais elle savait une chose: les trois années écoulées n’ont pas d’équivalent: le coût en vies humaines est toujours plus lourd et la facture ruineuse. A elle seule, la sécheresse qui a sévi en Europe en 2003 a occasionné une perte de 14 milliards de dollars, autant si ce n’est plus que celle résultant des attentats contre les tours du World Trade Center à New York. Avec les tsunamis, on est encore monté d’un cran dans l’échelle des tristes records. Mais quand donc le monde politique prendra-t-il enfin ses responsabilités?