Je croîs donc j’existe: toute l’économie semble reposer sur cet axiome. Reste que la référence chiffrée, même lorsqu’elle s’inscrit à la hausse, échoue dans sa tentative de masquer l’évidence: le système est dans une impasse. Il ne parvient plus à redistribuer la prospérité. Il consolide au contraire les réactions élitaires et le fossé social.
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Il n’est désormais plus d’ondée sans qu’une région en ait à subir les excès, de manière souvent catastrophique. Derniers épisodes du dérèglement climatique en cours: l’ouragan Katrina et les crues des lacs et rivières en Europe centrale et orientale. Jusqu’où nous mèneront la dialectique de la croissance économique, la consommation à outrance, le gaspillage des ressources? En Suisse seulement, lit-on dans la presse aujourd’hui, il faudrait plusieurs milliards pour protéger les zones habitées contre la montée des eaux. Et les commentateurs de déplorer l’impréparation des autorités, voire leur manque de compassion face aux multiples drames humains. Mais qui se soucie vraiment des causes? Qui a le courage de mettre le nez des consommateurs-pollueurs que nous sommes dans leur caca? On ne demande pas à la classe élue d’avoir forcément le génie visionnaire - soyons réalistes - mais au moins les politiciens pourraient-ils avoir le réflexe d’exiger une évaluation froide de la situation, quitte à ce qu’elle remette en cause notre mode de vie basé sur le “toujours plus, et tout de suite”. Mettre en branle un programme d’énergies alternatives digne de ce nom, en faisant appel à des experts réellement indépendants. Sans ce travail de constituant du 18 Brumaire, toutes les mesures prises actuellemnent n’équivaleront qu’à des emplâtres sur jambe de bois.
Lancée en 2004 par Giannozzo Pucci, l’édition italienne du magazine “The Ecologist” (www.ecologist.it) consacre sa dernière édition trimestrielle à l’alimentation.
L’affaire du bébé-mouette exposé au Kunstmuseum de Berne fait réagir l’artiste-peintre montreusien Philippe Visson et l’historien de l’art lausannois Pierre Frey. Leur avis dans notre rubrique Forum.
La réaction de Philippe Visson est compréhensible et je la salue comme digne et nécessaire. Personnellement, je m’en tiens en principe à l’idée de la liberté absolue de l’art, mais je suis d’avis que l’art contestable, inacceptable doit être contesté et refusé. Ce refus se donne à comprendre comme un anti-corps.
Les installations contestées - faut-il [...]
La calotte glaciaire fond mais qui s’en préoccupe vraiment? Le Prince préfère jouer au polo en attendant le prochain déluge. Le journal télévisé a le mérite de traiter le sujet mais il n’en fait pas sa une. Blocher et les colons israéliens le précèdent, de même que le sourire de la présentatrice. Pourtant la nouvelle a de quoi inquiéter, elle équivaut à un avis de danger pour l’humanité. Le reportage fait intervenir une spécialiste qui s’exprime posément mais gravement. Pour elle, il ne s’agit plus de se demander si l’on peut inverser un phénomène devenu irréversible mais comment on peut le freiner. Les conséquences sont claires: le niveau de la mer va s’élever, menaçant l’équilibre côtier. Les causes le sont aussi, mais on passe dessus comme chat sur braise. La couche d’ozone, le réchauffement climatique, repassez lors de la prochaine crise du pétrole! A l’instar de “l’écologiste sceptique”, il en est encore qui veulent vous faire croire que l’humanité n’a jamais été aussi propre et prospère. Moi, je regarde le ciel et je vois ces bandes blanches qui le strient, là où circulent les avions. Il paraît que le kérosène est l’une des sources majeures des perturbations climatiques. Les touristes devraient s’en souvenir, chaque fois qu’ils s’envolent vers une plage des tropiques. Et adresser une oraison à Notre Dame des Pôles.
Comme artiste peintre qui a exposé et qui est représenté dans de nombreux musées, j’ai constaté une escalade de mauvais goût face à ce qu’on nous présente comme une “oeuvre d’art”.
Le “Temps” avoue des pertes et restructure son capital en le réduisant de 5 à 2 millions de francs avant de le ramener à la somme de départ, soit 5 millions, par l’émission de 7500 actions nominatives de 400 francs (au lieu de 1000 francs précédemment).
Nouvelle tendance dans les magazines: les annonceurs sont conviés aux séances de rédaction où ils prennent les meilleurs places, laissant les strapontins aux journalistes. Malheur à celle ou celui qui oserait critiquer le contenu de l’édition de la semaine. Le ton est convenu, du style: “Dites-nous, Monsieur Club Méditerrannée, de quoi devront parler les journaux cette année?”. Pas étonnant, dans ces conditions, de voir les revues donner la priorité à des quasi-publireportages aux Seychelles plutôt qu’aux conséquences négatives du tourisme. J’y repense automatiquement quand j’entends parler des incendies qui dévastent le sud de l’Europe. Toulon encerclée par le feu et ces hordes de vacanciers qui bravent des heures de bouchons pour se serrer comme des harengs fumés au pied d’une végétation calcinée. Le tourisme, nous dit-on, est source de revenus pour les autochtones. Pratiqué massivement, il provoque surtout beaucoup de dégâts. Combien de vapeurs d’essence, combien de kérosène rejetés dans l’atmosphère? Tous ces objets en PET abandonnés dans la nature? La faune et la flore chassés, souillés par les lotissements immobiliers. Les gens qui fuient leurs cages à lapin pour en retrouver d’autres. Mais qu’importe, finalement, puisque le prince est content: pendant ce temps, il est sûr qu’ils ne feront pas la révolution.
Un modèle de bysantinisme, le marché que Tibère Adler propose aux journalistes d’Edipresse. En substance: Oui, un journal gratuit pourrait voir le jour très bientôt en Suisse romande; oui, Edipresse aimerait participer à ce projet. Donc, faites vos offres jusqu’à fin août 2005. Vous ne ferez pas forcément partie de la nouvelle équipe mais…