La domestication des animaux est désormais caduque pour une foule de raisons biologiquement non-adaptatives pour notre espèce à ce stade-ci de son évolution.
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A ceux que je connais, et à ceux qui partagent les idées exprimées sur le bulletin, je voudrais donner quelques informations personnelles.
Et si la grippe aviaire était la dernière arme pour mettre à genou les contestataires de la mondialisation?
Dans six semaines environ, se tiendra Ă Hong Kong une rĂ©union très importante pour l’avenir du commerce mondial. Comme au temps des Chouans, deux camps s’affrontent: les «modernes», tenants d’une Ă©conomie libĂ©rĂ©e de toute contrainte, notamment douanière, et les agriculteurs. L’opiniâtretĂ© de ces derniers pourrait faire capoter un accord.
Dans l’armĂ©e des paysans, une catĂ©gorie se montre particulièrement intransigeante. Il s’agit des cultivateurs bio pour qui l’ouverture des frontières est synonyme d’importation massive de poulets Ă©levĂ©s en batterie, donc de qualitĂ© au rabais.
Or l’enfermement des volailles est mortel pour cette couche de la population paysanne, qui pourrait ainsi fort bien disparaĂ®tre de la carte des emmerdeurs de la planète.
Pas de souci, en revanche, pour ces «bienfaitrices» de l’humanitĂ© que sont les sociĂ©tĂ©s chimiques et pharmaceutiques. Munies du sauf-conduit de l’Organisation mondiale du commerce, elles pourront semer allègrement Ă tout vent leurs remèdes miracles, mĂŞme quand ceux-ci ressemblent Ă des produits de pacotille.
(1) Commentaire paru dans “La LibertĂ©” du 25 octobre 2005
Anticipée en son temps par la Méduse mais jamais confirmée à ce jour par les groupes concernés, l’annonce du lancement de “24 Minutes”, un deuxième gratuit en Suisse romande n’est plus qu’une question d’heures, à en croire le site “Klein Report”, spécialisé dans les questions médiatiques.
Il était deux peuples qui se côtoyaient, l’un pacifique et démocrate, l’autre belliqueux. Devinez ce qui arriva? Le second provoqua tellement le premier que celui-ci fut contraint de prendre les armes pour se défendre. La guerre chamboula tout, elle corrompit les coeurs et les moeurs. Quand la paix revint, plus rien n’était comme avant au pays des purs. La dictature y avait pris le pouvoir.
La grippe aviaire sèmera-t-elle la zizanie au sein des communautés qui croient au vertus de l’agriculture biologique? La douce France, on la comprend, ne fait rien pour empêcher les poulets de Bresse de vaquer à l’air libre. La réputation de son label historique est à ce prix. Mais combien de temps Vercingétorix pourra-t-il résister aux assauts des légions du virus destructeur formé dans les batteries industrielles de Chine?
C’est cela, la perversion du système mondialisé des échanges. On importe de loin ce qui peut croître, pousser ou être fabriqué tout près. On s’aveugle devant la production de masse parce qu’on croit l’obtenir à vil prix. Et l’on sacrifie la qualité et finalement sa liberté. Enfermées, nos volailles symbolisent notre propre prison.
Et puisque nous parlons de Chine et de volatiles, saviez-vous que nous évoluons dans l’année du coq?
La presse Ă©crite remplit de moins en moins son rĂ´le d’information et d’approche critique des Ă©vĂ©nements au profit du divertissement. Or une information indĂ©pendante et crĂ©dible est un droit fondamental du citoyen autant qu’un devoir pour les journalistes et les Ă©diteurs.
Faut-il croire Roche quand ce groupe pharmaceutique affirme que le Tamiflu nous protĂ©gera de la grippe aviaire? Des scientifiques en doutent mais ces voix sceptiques viennent de Grande-Bretagne oĂą se fabrique un produit concurrent du Tamiflu. La population, elle, a fait son choix: elle se rue sur l’antiviral, faisant le bonheur de la Bourse helvĂ©tique. Et ce n’est pas fini puisque le gĂ©ant bâlois annonce qu’il envisage de dĂ©cupler la production de Tamiflu, qui lui rapporte dĂ©jĂ un demi-milliard de francs.
Les Suisses, martèlent les experts de la SantĂ© publique, ne risquent rien. Deux millions de doses du coĂ»teux remède miracle dorment dans les tiroirs des pharmacies. Ce serait suffisant pour protĂ©ger la population. Mais quid des rĂ©gions dont le revenu de la majoritĂ© des habitants ne permet pas Ă ces derniers de s’offrir le traitement?
C’est bien parce que cette perspective n’a rien de rassurant que certains pays du tiers-monde ont demandĂ© Ă Roche d’autoriser la production de copies du Tamiflu. La multinationale ayant refusĂ©, on peut souhaiter que la pandĂ©mie ne se dĂ©clarera jamais. Sinon comment justifier l’injustifiable: des milliers de victimes dues Ă l’Ă©goĂŻsme marchand? Non-assistance Ă personne en danger, cela vous dit encore quelque chose?
On peut aussi s’interroger sur l’Ă©thique de certains gouvernements du Sud qui interdisent dĂ©sormais la fabrication de gĂ©nĂ©riques. Plus royaliste que la reine, l’Inde s’est alignĂ©e cette annĂ©e sur les directives de l’Organisation mondiale du commerce. Son industrie estime probablement qu’elle est en mesure de damer le pion aux gĂ©ants amĂ©ricains et europĂ©ens sur leur propre terrain. Money, money, money…
(1) Commentaire dans “La LibertĂ©” du 17 octobre 2005
Le feuilleton (1) est terminĂ© mais le symbole du mur entre l’État et
les citoyens reste. La haie va ĂŞtre coupĂ©e mais l’essentiel reste Ă faire.
Notre système judiciaire a permis Ă une personne qui n’a pas respectĂ© la loi
d’introduire 42 procĂ©dures et faire traĂ®ner une affaire pendant 5 ans.
Nous connaissons le prix payé par Monsieur [...]
Il a de la suite dans les idĂ©es, le professeur Pierre Engel. Sept ans et demi après la disparition du “Journal de Genève”, l’Ă©minent juriste genevois est plus que jamais dĂ©terminĂ© Ă ressusciter le quotidien d’audience internationale.
Il paraît qu’un journal allemand a publié une page blanche à la place d’un article destiné à assurer la promotion du prochain disque de Robbie Williams. Ledit journal se sentait manipulé par l’entourage mégalomane du chanteur. Saluons cette attitude de révolte face à l’intrusion toujours plus grande de la publicité dans la vie quotidienne. Une tendance pernicieuse qu’illustre la campagne de lancement du dernier Astérix. Toute la presse a été conviée à Bruxelles, on lui a remis une maquette de l’album mais rien de plus. Patientez, vous aurez l’objet dans quelques semaines! D’ici-là , soyez gentil, parlez-en un max’ dans vos journaux! Les journalistes qui ont obtempéré ont rendu un très mauvais service à l’information, ils se sont surtout rendu complices de la culture de la consommation. Le même réflexe qui prévaut avec la Chine, où tout le monde se précipite sans le moindre discernement. On court vers le factice, vers ce qui brille. Alors que la richesse est à portée de main, suffit d’ouvrir les yeux.
Les placements dits durables sont-ils autre chose qu’un effet de mode? La qualitĂ© de l’information au coeur du dĂ©bat.
On dirait l’ambassadeur de Suisse Ă Rabat accueillant le roi du Maroc.