Doris Leuthard a les capacités pour devenir conseillère fédérale! C’est le peuple suisse qui le dit, ou plus exactement un échantillon de celui-ci. 700 personnes et des poussières dans un sondage mandaté par le “SonntagsBlick” et “Le Matin Dimanche”. Le beau gage de crédibilité que voilà ! On se demande bien comment le pékin fait pour savoir qui est compétent ou qui ne l’est pas, alors qu’il ne connaît rien, ou presque, de la vie de Doris Leuthard. Loin de nous l’idée de démolir cette charmante dame mais la moindre des choses ne serait-elle pas de se renseigner avant d’émettre un jugement? Les sondés ont-ils eu le temps de se pencher un peu sur le CV de la candidate démocrate-chrétienne à la succession du démissionnaire Joseph Deiss? Quel a été son bilan professionnel en dehors de la politique? Elle est avocate, certes, mais après? Sait-on dans quels lobbies elle milite? Ce matin, quelqu’un disait à la radio qu’elle roulait pour le nucléaire. Tiens, déjà une première information.
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Tiré à 12000 exemplaires, “Le Produit” a fait son apparition sur plusieurs stands du Salon du Livre et de la Presse de Genève.
Comme il ne s’agit pas d’un événement que l’on peut décrire, il est difficile de proposer des mesures pour en atténuer les conséquences dans le cadre de la société telle qu’elle est aujourd’hui. Cette société n’y survivra pas. Il est plus que probable qu’il y aura des violences et des misères, mais il s’agit aussi [...]
Lancé en 2005 par cinq journalistes suisses, l’appel “L’Information en danger” a mis en exergue les dérives qui affectent l’activité des journalistes. Aujourd’hui il inspire une pétition qui circule dans les rédactions de Suisse romande.
N’allez surtout pas dire à un éditeur d’aujourd’hui que le journaliste est un intellectuel. Pour avoir lâché cet épithète malheureux, un scribe est devenu la cible des railleries des dirigeants des groupes de presse. Il aurait dû savoir que le journaliste est un produit, rien d’autre. Il aurait dû savoir que les éditeurs veulent le mettre à la merci des analyses de rentabilité, prélude aux restructurations dans les journaux. Il aurait dû savoir enfin qu’aux yeux de certains moghols des médias, information et consommation se confondent désormais. Quelle place peut avoir un intellectuel dans un supermarché? Les régimes autoritaires chassaient autrefois les prêtres, ils enfermaient les artistes dérangeants. Ils mettaient aux champs les professeurs et les écrivains, leur déniant le droit de revendiquer l’appartenance à une communauté de pensée où le matérialisme n’est pas un but en soi. Au nom d’une culture de souk, cette fois, reviendrait-on à un tel obscurantisme?
Encore un journaliste qui rejoint la communication.
Un tout organique n’est pas composé de parties. Dans la biosphère, il n’y a ni environnement ni ressources.
Ils ne veulent pas de filles, mais tout de même, ils veulent des épouses.
Le collapse de la civilisation économico-industrielle semble programmé.
Cela devient une habitude: quand une personne est pointĂ©e du doigt en raison de manquements rĂ©els ou prĂ©sumĂ©s, on la mĂ©nage en mĂŞme temps, comme pour se dĂ©douaner d’une si «grave» offense faite Ă autrui. Le 31 mars 2006, on apprenait les dessous de l’affaire Dähler, du nom du patron de la ComCo qui a octroyĂ© des primes trop gĂ©nĂ©reuses Ă ses propres collaborateurs. Commentant le brusque dĂ©part de ce haut fonctionnaire, Joseph Deiss remerciait ce dernier pour son engagement. On ne lui en demandait pas tant.
Hier, c’Ă©tait au tour des responsables de feu Swissair de passer sous les fourches Caudines du Parquet zurichois. NĂ©anmoins le procureur gĂ©nĂ©ral s’est senti obligĂ© de relever qu’ils n’avaient pas agi comme des «criminels Ă©conomiques voulant s’enrichir» mais comme des dirigeants «mus par le dĂ©sir de sauver leur entreprise». Touchante compassion qui n’empĂŞche pas l’inculpation des 19 dirigeants.
Pas trop tĂ´t! Les Suisses n’ont jamais digĂ©rĂ© une dĂ©bâcle qui aura coĂ»tĂ© Ă la caisse publique plus de 2 milliards de francs. Ils exigent aujourd’hui que toute la lumière soit faite. Sur la base des documents reçus, ils n’ont pas lieu d’ĂŞtre déçus car l’acte d’accusation provisoire n’est pas piquĂ© des vers. Les inculpĂ©s ont Ă rĂ©pondre de gestion dĂ©loyale, faux dans les titres, maquillage financier, communication boiteuse. La liste est loin d’ĂŞtre exhaustive.
Reste que l’heure des comptes Ă proprement parler n’est pas encore arrivĂ©e. Les accusĂ©s ont mĂŞme des chances d’Ă©viter un procès si le Ministère public ne parvient pas Ă ficeler un paquet prĂ©sentable aux juges d’ici Ă l’Ă©tĂ© 2008, date de la prescription des dĂ©lits. Deux ans, cela paraĂ®t très juste…
(1) Commentaire paru dans “la LibertĂ©” du 1er avril 2006