Le 29 octobre 2007, le quotidien “24 Heures” publie un article “Burdet fait la grève de la faim en prison”. Ce qui frappe, dans cet article, c’est la froideur des mots. Quand on lit que pour l’heure, son Ă©tat de santĂ© ne lui interdit pas (encore) d’accomplir son travail en prison - faire la [...]
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On croyait qu’en politique, les gesticulations et les vociférations appartenaient au passé. Ces mimiques faciles reviennent par la grande porte, en Suisse, cette fois, où la dernière campagne électorale a dépassé en effets de manche tout ce que l’on pouvait imaginer. Pour le salut de la population? Permettons-nous d’en douter.
Quand l’animateur du Grand Huit de la radio romande place l’émission matinale sur le thème des élections, la rengaine ne varie pas. Immanquablement on nous sort une remarque du genre: “mais vous ne trouvez pas que Blocher met du piment dans la politique suisse? Vous ne trouvez pas qu’il est plus sexy que Pelli?”
Les jeunes générations ont peut-être perdu le sens des valeurs qui cimentaient les Suisses. Mais il serait bon de leur rappeler que ce pays plurilingue ne doit sa cohésion qu’à une culture de compromis. Ramener le Conseil fédéral à un ring de catcheurs traduit une méconnaissance fondamentale du tissu helvétique et risque de conduire à sa désagrégration.
Il fut un temps où les étrangers trouvaient la politique suisse ennuyeuse. Aujourd’hui l’image a changé. La Suisse est devenue un pays dont on parle. Mais si c’est pour entendre dire partout qu’elle le nouveau terrain d’expérimentation du populisme en Europe, alors vive l’ennui!
* Editorial paru dans “La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne” du 26 octobre au 1er novembre 2007, No 25
Par l’intermĂ©diaire de l’avocat genevois Marc Bonnant, Ernesto Bertarelli est intervenu juridiquement auprès de “Bilan” pour empĂŞcher que l’on parle de la maison que le vainqueur de la Coupe de l’America se construit près de Grosseto, en Toscane, sur les terres d’un immense domaine viticole, propriĂ©tĂ© de son oncle. Le magazine, qui s’apprĂŞtait Ă publier la nouvelle dans un article consacrĂ© au vignoble familial, a dĂ» stopper les rotatives. La papier est paru mais sans la photo de la villa.
On ne peut que regretter l’arrĂŞt d’ArrĂŞt sur Images, l’Ă©mission critique des medias diffusĂ©e par France 5. Mais je tiens Ă signaler que Daniel Schneidermann a mauvais jeu de crier Ă la censure alors qu’il s’est comportĂ© en censeur avec des ouvrages qui n’allaient pas dans le sens de ses idĂ©es et de ses amitiĂ©s. [...]
Les petites frappes et autres groupuscules voyous sont-ils les fossoyeurs de la démocratie? Après les émeutes de Lausanne et de Berne, la police sera-t-elle appelée à durcir encore ses méthodes? Une fois de plus, le même constat s’impose: comme lors des rassemblements altermondialistes, une minorité de casseurs gâche la marche pacifique d’un grand nombre de citoyens.
L’art d’abîmer le plaisir des autres est aussi la particularité des déprédateurs des parcs publics. En mai dernier, nous nous étions faits l’écho, dans ces mêmes colonnes, du malaise de jardiniers mobilisés chaque jour aux aurores pour ramasser les déchets de la société de consommation. Un péage sera-t-il la récompense des promeneurs?
L’analogie peut-être appliquée aux détenteurs de molosses. L’égoïsme d’une petite minorité de personnes empoisonne la vie de tous les propriétaires de chien, contraints d’imposer la muselière à leur bête. Et que dire des faux mendiants qui envahissent les rues de nos métropoles? Ne font-ils pas du tort, en premier lieu, à leurs congénères qui souffrent réellement de l’indigence? Aboutira-t-on, comme au Moyen Âge, à expulser manu militari, voire à les emprisonner, tous les clodos, miséreux et autres vagabonds?
Il faudrait l’afficher en grand à l’entrée des écoles: une bonne fessée aujourd’hui vaut toujours mieux qu’une vilaine dictature demain.
Editorial paru dans “La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne”, No 23, 12 au 18 octobre 2007
La situation est toujours plus tendue au quotidien «Le Matin» oĂą le comitĂ© de la SociĂ©tĂ© des rĂ©dacteurs vient de dĂ©missionner avec effet immĂ©diat. En cause, la rupture du dialogue avec la direction du journal, après un vote de dĂ©fiance de la rĂ©daction Ă l’Ă©gard du rĂ©dacteur en chef Peter RothenbĂĽhler, rĂ©alisĂ© fin septembre.
Les pouvoirs publics doivent-ils soutenir la presse indépendante? La question a été posée à Laurent Moutinot lors du 5e Rassemblement pour les droits humains, consacré cette année à la liberté de la presse, qui s’est tenu le 1er octobre à Genève. La réponse n’a pas laissé beaucoup d’espoir aux petits journaux qui se battent pour leur survie. “Les journalistes se sentiront-ils aussi libres si leur journal dépend des deniers publics?”, a argumenté en substance le chef du Département des institutions genevois.
Le point de vue honore le magistrat soucieux de l’équilibre démocratique. Il est même partagé par une large frange de journalistes qui estiment que chacun doit rester dans son enclos. Mais que dire du laissez-faire institutionnel quand la qualité de l’information est en jeu?
Champions de la futilité, les gratuits sont en passe de s’imposer sur un marché médiatique en pleine dérive. Le désert intellectuel menace aussi la presse payante, qu’agresse un marketing outrancier. L’alternative à cette tyranie du consumérisme existe cependant. Elle se situe du côté des journaux qui ne vivent pas de la publicité et sont donc à l’abri des pressions d’ordre mercantile. La solution n’est pas cousue de fil blanc mais l’Etat, qu’il soit cantonal ou fédéral, ne saurait se désintéresser du problème, sous peine de non assistance à civisme en danger.
*Editorial paru dans La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne, No 22, 5-11 octobre 2007
Tout se passe sans bruit, les partants sont presque tous remplacĂ©s. Pourtant l’ambiance est lourde Ă Nyon oĂą onze journalistes ont quittĂ© le quotidien La CĂ´te depuis le dĂ©but de l’annĂ©e. La moitiĂ© de la rĂ©daction. “Il n’est pas rare qu’un rĂ©dacteur Ă©crive 15 papiers en un week-end. Du vrai boulot Ă la chaĂ®ne”, commente un survivant dĂ©pitĂ©. Et dire que l’éditeur Hersant dĂ©clare tenir Ă un environnement de travail enrichissant et de qualitĂ©.
Non contente d’être une grande journaliste, Florence Aubenas est une grande dame. InvitĂ©e Ă s’exprimer sur la libertĂ© de la presse dans le cadre du 5e Rassemblement pour les droits humains organisĂ© par Laurent Moutinot Ă Genève, l’ex-otage française en Irak a dĂ©clarer vouloir cĂ©der son cachet de 500 francs Ă l’association info-en-danger dont elle venait d’apprendre l’existence par la voix d’un intervenant au dĂ©bat, membre fondateur de l’association.
Dans deux nouveaux livres parus simultanément, un manager suisse et un écrivain naturaliste français clament leur pessimisme.