Publié le 29 novembre 2007 / Editorial Pas de commentaires »

En février 2007, le Conseil suisse de la presse, saisi d’une plainte de l’association info-en-danger, a conclu qu’une claire distinction entre contenu rédactionnel et publicité est essentielle pour la crédibilité des médias. Toute consigne rédactionnelle émanant d’annonceurs contrevient à la Déclaration des devoirs et des droits, qui est aux journalistes ce que la Convention de diligence est aux banquiers.

Au moment de sa publication, cet arrêt unique en son genre a pourtant été passé sous silence par la majorité des journaux de Suisse romande, ce qui en dit long sur le climat de peur qui règne dans les rédactions de ce coin de pays. De fait, aujourd’hui, on peut se demander quel a été l’effet du jugement du “gendarme” de la presse. Le contenu rédactionnel dans les journaux, surtout gratuits, a-t-il fait un saut de qualité?

Déchantons. Moins d’une année après sa publication, force est de constater que l’avis destiné à créer jurisprudence et à légitimer la résistance des journalistes face aux pressions du mercantilisme ressemble à un coup d’épée dans l’eau. Sinon comment expliquer la quantité d’articles qui n’offrent aucune distance critique, seulement de la publicité à l’état pur. Désarmé au chapitre des sanctions, le Conseil de la presse ne peut compter que sur un sursaut de fierté venu de la base. On peut toujours rêver.

Editorial paru dans La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne, No 29 du 23 au 29 novembre 2007

Publié le 20 novembre 2007 / Sur le vif Pas de commentaires »

Il n’y a pas de sot métier, dit le dicton. Pourtant, actuellement, on dirait que certains journaux font tout pour orienter les jeunes générations vers ce qui brille ou alors ce qui incarne la force brute.

Publié le 16 novembre 2007 / Editorial Pas de commentaires »

Les cours du pétrole atteignent des records et, comme lors de chaque crise énergétique, les esprits s’échauffent. Jusqu’où montera le prix de l’essence à la colonne? Les journaux reviennent tout le temps avec le même refrain, sans apporter la moindre solution. Et comment le pourraient-ils, puisque le monde de l’or noir est le moins transparent qui soit.

Question: alors que les voitures propulsées à l’électricité ou à l’hydrogène étonnent par leurs performances, pourquoi les fabricants automobiles accordent-ils encore la priorité au vieux moteur à explosion? Parce qu’ils sont les otages des “majors” du pétrole? Autre question: pourquoi l’ONU ne promeut-elle pas l’énergie “propre”? Parce que les gouvernements tirent une grande partie de leurs revenus des taxes sur l’essence?

L’imbrication des intérêts est telle que l’on ne voit pas pourquoi les pétroliers ne pousseraient pas le bouchon encore plus loin. Pourtant l’utilisateur aurait les moyens d’inverser la tendance. Mais il lui faut d’abord s’affranchir des gestes conditionnés de la consommation. Cesser de considérer la voiture autrement que comme un objet utilitaire. Le jour où il se comportera en véritable adulte, les pétroliers et leurs séides seront bien forcés de composer avec lui. Et le civisme l’emportera enfin sur le cynisme.

*Editorial paru dans la Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne, No 28, 16 au 22 novembre 2007

Publié le 11 novembre 2007 / Editorial Pas de commentaires »

L’atmosphère économique s’alourdit. La crise de l’immobilier américain continue de réserver de mauvaises surprises aux ténors bancaires. Dans la construction, les employés se mettent en grève. Les imprimeurs et les journalistes font part de leur mécontentement. Ces catégories professionnelles ont le sentiment de passer à côté d’une parenthèse de prospérité, alors que dans d’autres branches, les augmentations salariales vont bien au-delà de la compensation du renchérissement.

Pour pimenter ce contexte un peu surréaliste, balançant entre l’optimisme béat et une sourde inquiétude, l’attention se porte également sur l’or et le pétrole, deux matières qui s’envolent vers de nouveaux sommets, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. On est tout près de revivre la situation de 1980, quand Mars sévissait au milieu d’une triple constellation belliqueuse, l’invasion de l’Afghanistan, l’avènement de la république islamique à Téhéran, la guerre Irak-Iran.

Le déclenchement de frappes occidentales contre l’Iran n’a peut-être jamais été aussi réel, aussi proche. On n’ose pas y penser, tant ses conséquences seraient désastreuses pour les hommes et pour l’environnement. Une nouvelle vision d’apocalypse se dessine en boucle sur nos écrans et pourtant tout le monde feint de l’ignorer. Dans les médias audiovisuels, les débats ressemblent toujours plus à des verbiages clochemerlesques.
*Editorial paru dans “La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne, No27- 9 au 15 novembre 2007

Publié le 11 novembre 2007 / Dessous de la Presse Pas de commentaires »

Le ballet continue au “Matin” oĂą Yves Lassueur a trouvĂ© une porte de sortie, il rejoint “L’IllustrĂ©”. Quant Ă  Ludovich Rocchi, une autre plume du Matin Dimanche, il serait en congĂ© maladie. Pendant ce temps, Ă  “Bilan”, une autre publication d’Edipresse, le rĂ©denchef Benoit-Godet renonce Ă  rĂ©munĂ©rer un journaliste libre Ă©mĂ©rite Ă  qui il avait commandĂ© un sujet qui ne sera finalement pas publiĂ©. Il invoque des problèmes budgĂ©taires. DrĂ´les de mĂ©thodes.

Publié le 4 novembre 2007 / Sur le vif Pas de commentaires »

Après les Suisses alémaniques, voici que les Suisses romands subissent, à leur tour, la force d’attracion de l’Union Démocratique du Centre. A la suite de la victoire de Christoph Blocher, Ueli Maurer & Cie, on s’aperçoit que les journalistes deviennent très prudents. Ils parlent, à l’instar de tel rédacteur en chef d’un grand quotidien zurichois, [...]

Publié le 4 novembre 2007 / Editorial Pas de commentaires »

Anastasie sĂ©vit Ă  nouveau, c’est un dossier du “Canard EnchaĂ®né”, un connaisseur, qui nous en apporte l’éclatante dĂ©monstration. La mĂ©gère symbolisant la censure depuis l’époque de Mac-Mahon n’a mĂŞme plus besoin de sa paire de ciseaux gĂ©ante. Elle a trouvĂ© une autre arme, encore plus efficace. Fini les carrĂ©s blancs dans les journaux, trop voyants, trop… parlants. DĂ©sormais, on contrĂ´le l’information par un surplus… d’information. Le paradoxe n’est qu’apparent. Quand ils expriment l’insignifiance, les mots noient l’essentiel, ils prennent la place du discours gĂŞnant parce que non conforme.

Avec les JO qui approchent à grands pas, on peut faire confiance aux professionnels de la communication pour qu’ils offrent aux journaux une actualité factice qui détournera l’attention des vrais problèmes. Le tintamarre olympique va s’accentuer au cours des prochains mois, couvrant les cris des personnes qui croupissent dans des prisons en Chine, dissidents ou religieux qui ont eu l’impudence de clamer leur foi en une société plus libre.

Le gouvernement organisateur n’a rien à redouter, les enjeux économiques sont trop importants pour que les médias occidentaux s’aventurent à jouer les trouble-fête. Les exemples du passé montrent qu’un événement sportif retransmis sur toutes les télévisions du monde est le meilleur complice de l’oppression.

*Editorial paru dans “La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne”, No26 du 2 au 8 novembre 2007

Publié le 3 novembre 2007 / Sur le vif Pas de commentaires »

L’affaire de la sociĂ©tĂ© Ă©ditrice du «Journal de Genève et Gazette de Lausanne» connaĂ®tra son Ă©pilogue Ă  Strasbourg.