Un rêve s’est brisé à Davos, celui de réconcilier deux mondes. En 2001, un pont avait été jeté entre le sud et le nord, entre Porto Alegre et la station alpine. Mais les vieux réflexes de fermeture ont repris
le dessus. Ecoeurée par le dispositif policier mis en place pour la contrer, la société
civile ne jette même plus des boules de neige contre le bunker du Forum économique mondial, accusé de la mener en bateau.
Les altermondialistes ne sont pas les seuls Ă bouder Davos.
Le président français, en personne, prétexte un déplacement
en Inde pour décliner
l’invitation. Une fois n’est pas coutume, Nicolas Sarkozy semble agir comme son prédécesseur, Jacques Chirac. Ce dernier n’a jamais
fait mystère de l’antipathie
que lui inspirait la très atlantiste foire aux cartes de visite grisonne.
Une manifestation dont l’organisation tombe, cette année, en pleine bourrasque financière, et dont on peut douter qu’elle parviendra à imaginer des remèdes aux maux qui agitent la planète. Encore moins à les anticiper. Bénéficiant de la complaisance
de nombreux médias, les organisateurs du Forum économique mondial sont de parfaits illusionnistes. Ils ont fait de Davos une entreprise
très rentable, bâtie sur le bluff. En 2007, qui fut capable,
à Davos, de prévoir la montée de l’or, la crise des prêts hypothécaires à risque, le krach boursier?
*Editorial paru dans La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne, No 36, du 25 au 31 janvier
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Le projet de suppression de la publicité sur les chaînes de télévision et les radios du service public fait partie de mesures troublantes dont on finira, tôt ou tard, par connaître le véritable dessein.
NĂ© Ă Porto Alegre, le Forum social mondial s’essoufle-t-il? Selon ses sympathisants, il se refait une santĂ©. Pour rebondir au BrĂ©sil au dĂ©but de l’an 2009.
Bové a gagné, le maïs aux OGM ne sera pas cultivé en France. Mais la victoire de l’éleveur français est provisoire. Dans quelques années, si tout va bien (ou mal, c’est selon), les organismes génétiquement modifiés finiront quand même dans les assiettes de nos voisins. Pas cachés, comme aujourd’hui, non, tout à fait officiellement. Bienvenue le porc cloné, bonjour le lapin transgénique!
La Suisse non plus ne pourra pas résister longtemps aux rouleaux compresseurs américain et chinois. Déjà le moratoire qui court jusqu’en 2010 ne la met pas à l’abri des essais en plein champ. La pression de l’industrie est trop grande. Les ténors de la chimie ne se trouvent-ils pas sur sol helvétique?
Nourrissants, fortifiants, antiparasitaires, voilà comment les prosélytes de la grande chimie nous vantent les OGM. On prétend même que ces derniers règleront le problème de la faim dans le monde. Mais le lait en poudre a-t-il changé la condition des malheureuses victimes de la disette?
Tant que la corruption et la prévarication règneront en ce bas monde, les OGM ne seront qu’un expédient utile à renflouer les indices boursiers où les titres de la chimie et de l’alimentaire règnent en maîtres. Ils rempliront les caisses des vendeurs de conserves mais hélas pas le ventre de milliers d’êtres humains coupables d’être nés du mauvais côté de la barrière.
* Editorial paru dans La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne No 35, du 17 au 24 janvier 2008
Je ne suis (dans le sens de “suivre”, langue française, langue difficile!) les RĂ©publicains avec beaucoup d’intĂ©rĂŞt car je n’arrive pas Ă m’imaginer que le prochain prĂ©sident pourrait ĂŞtre un reprĂ©sentant d’un parti qui a produit un tel dĂ©sastre. Et encore n’a-t-on pas tout vu! N’oublions pas la politique irresponsable, totalement irresponsable, de Bush sur [...]
Un habitant de la planète sur quatre habite dans une bande côtière de 60 kilomètres de large. De ce fait, pour l’homme, le poisson et autres produits de la mer constituent l’essentiel de l’apport nécessaire en protéines.
Vingt milliards de francs. C’est le montant que la crise des prêts hypothécaires à risque a coûté jusqu’ici aux caisses de pension, avance la NZZ am Sonntag, laquelle ne se gêne pas d’égratigner, en passant, le Conseil fédéral. Ce dernier n’assurait-il pas, avant Noël, que les institutions de prévoyance indigènes n’avaient pas été touchées par la débâcle aux Etats-Unis?
Le calcul fait frémir en même temps qu’il provoque un sentiment de colère. Pourquoi tant de professionnels de la finance se sont-ils évertués à minimiser les conséquences du krach? Certes, les caisses de pension n’ont pas investi directement dans l’immobilier. Par contre, elles ont subi de plein fouet les pertes massives subies sur le marché boursier.
Cette erreur d’appréciation nous fait penser aux prévisions sur l’or. Il y a quelques années, parier sur le métal jaune était une incongruité qui soulevait ironie et répulsion chez les gestionnaires de fortune logés aux meilleurs enseignes. Heureux ceux qui ne les ont pas écoutés et ont acheté de l’or!
Il reste à souhaiter que notre valeureuse Banque nationale ne se soit pas trompée non plus en injectant des milliards pour sauver la Bourse. En termes d’inflation, on le sait, l’intervention des banques centrales est un jeu dangereux. La brusque flambée de l’indice des prix, en décembre, ne nous rassure pas.
*Editorial paru dans “La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne” No 34, 11 au 17 janvier 2008