Publié le 15 mars 2009 / Sur le vif
Christian CampicheEssayiste et journaliste, Christian Campiche est né le 21 décembre 1948 à Budapest, de père suisse et mère hongroise. Ecole française à Lisbonne, Paris, Caracas, baccalauréat à Fribourg (Suisse). Licencié en sciences politiques de l’Université de Genève, il évolue pendant quelques années dans les milieux financiers et bancaires, travaillant d’abord à la rédaction du “Mois économique et financier” de la Société de Banque Suisse à Bâle (1973-74), puis aux Finances fédérales à Berne (1974-1978), du temps de feu le Conseiller fédéral Georges-André Chevallaz. Chargé du budget de l’enseignement et de la recherche, il se rend alors régulièrement au CERN et fait partie de la commission consultative fédérale pour les affaires spatiales. Il défend le projet européen naissant Ariane en dépit des préjugés de certains hauts fonctionnaires. De même, ses interventions en faveur de l’énergie solaire rencontrent-elles de farouches résistances au sein des instances chargées de redistribuer les fonds destinés à la recherche appliquée, instances encore fortement noyautées par le lobby nucléaire.
Dès 1978, âgé de 30 ans, Christian Campiche s’oriente vers le journalisme. Il travaille à la rédaction de l’”écho” des Suisses de l’étranger (éditeur: Nouvelle Société Helvétique), puis au “Journal d’Yverdon” (actuel “Journal du Nord Vaudois”), crée le mensuel “Suisses dans le monde” avec l’éditeur vaudois François Fej, avant de rejoindre en 1982 l’Agence télégraphique suisse (ATS), notamment comme correspondant au Tessin et en Italie septentrionale où il couvre des procès marathon: Seveso et la Pizza Connection. Parallèlement, il tient une chronique hebdomadaire dans le journal coopératif “Construire”.

En 1988, Christian Campiche lance aux côtés de Max Mabillard et Guy Mettan le magazine “Bilan” (groupe Edipresse) qui connaît un succès fulgurant. En 1995, il passe au quotidien “L’Agefi”, en tant que rédacteur en chef adjoint, avant de prendre la direction de la rubrique économique du “Journal de Genève et Gazette de Lausanne”. Après la disparition de ce dernier, en 1998, il se met à son compte, collabore avec divers journaux et revues (”Bilanz”, “La Liberté”, “Infodimanche”, “Cap Genève”) et participe à la rédaction d’un ouvrage historique sur le “Journal de Genève” (1).

En 2000, Roger de Diesbach, rédacteur en chef de “La Liberté”, lui demande de prendre la tête de la rubrique économique de ce quotidien suisse édité à Fribourg.

Christian Campiche s’intéresse aussi à l’histoire, surtout européenne. En 1992, il a milité en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen. En 1999, il publie “Le séducteur de l’Occident”, un essai biographique consacré à l’écrivain Denis de Rougemont, l’un des pères de la nouvelle Europe, qui suscitera plusieurs réactions, parfois polémiques, dans les journaux. Les recherches menées dans ce cadre font qu’il a été à l’origine, en 2000, de l’affaire des mémoires de Consuelo de Saint-Exupéry. Après avoir comparé les écritures, il révèle que ces mémoires sont des faux, à tout le moins qu’ils furent écrits en partie par Rougemont. Son intuition est confirmée par une étude graphologique de l’Institut de criminologie de Lausanne. Parue à l’origine dans “La Liberté”, la nouvelle a fait les titres de la presse française notamment. En 2004, Christian Campiche publie “Le Nègre de la Rose”(3). Ce nouvel ouvrage construit sur la charpente de “Le Séducteur de l’Occident” rebondit sur l’affaire Saint-Exupéry. Il raconte dans quelles circonstances Rougemont prêta sa plume à la veuve de l’écrivain-aviateur. Il analyse aussi le rôle que joua en Europe une Amérique obnubilée par Staline au lendemain de la guerre. Consciemment ou non, Rougemont a-t-il été un maillon de la CIA, à l’instar de nombreux autres intellectuels?

Auteur de nombreuses enquêtes journalistiques aux enjeux souvent sensibles, Christian Campiche a anticipé les dysfonctionnements qui ont affecté, pendant une période donnée, la gestion de certaines entreprises, menant aux scandales du début des années 2000. En janvier 1992, il signe dans “Bilan” un portrait de Christoph Blocher au titre pour le moins prémonitoire: “Le patriote qui pourrait couler la Suisse”. La même année, toujours dans “Bilan”, il publie “L’Exil ou la mort”, un scénario-fiction se déroulant en Suisse au lendemain du vote sur l’Espace économique européen. Ses idées et son engagement lui ont valu de subir des pressions, menaces ou autres représailles.

Au niveau éditorial, sa réflexion s’oriente depuis quelques années tout particulièrement vers les conséquences négatives de la mondialisation. Obnubilée par la croissance à tout prix, manipulée par un système boursier qui ne réagit plus qu’en termes spéculatifs, réduite à l’état de casino, l’économie oublie qu’elle n’est pas une fin en soi mais qu’elle doit se mettre au service de l’homme. Dans l’intérêt bien compris de la planète, il lui incombe aussi de prendre ses responsabilités en matière de santé et d’environnement.

C’est dans cette perspective que Christian Campiche a relancé, en 1997, le Forum des journalistes économiques (Forjec), assumant la présidence jusqu’à la dissolution du Forjec, en 2003. Financé au départ par le fonds de formation continue des journalistes, le site “Le Radeau de la Méduse” est en quelque sorte le prolongement de ces efforts.

Plusieurs commentaires publiés sur le site servent de toile de fond à l’ouvrage “Le krach mondial - Chronique d’une débâcle annoncée - Et après” (4). Dans ce nouveau livre, Christian Campiche se replonge dans l’actualité des dix dernières années. Il replace les articles dans le contexte de l’époque. L’ensemble aboutit à un recueil permettant de mieux appréhender les causes de la crise économique. Sous forme d’une lettre ouverte à ceux qui nous gouvernent, le livre s’achève par un petit essai d’anticipation proposant des clés de comportement qui sont autant d’étincelles d’espoir.

En juin 2005, Christian Campiche a été élu au Comité central d’Impressum, l’organe faîtier des journalistes suisses dont il prend la coprésidence en 2007.

En février 2007, l’Association des Amis du Journal de Genève et Gazette de Lausanne lui confie la direction et la rédaction en chef de la “Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne” dont 56 numéros verront le jour jusqu’en juin 2008.

En 2009, impressum-Les journalistes suisses et le Syndicat suisse des mass média décident de lancer la revue bimestrielle “EDITO - Le magazine des médias” (tirage: 10.000) et confient à Christian Campiche la rédaction en chef de l’édition française. Le premier numéro d’EDITO est paru en avril 2009.

Christian Campiche est également cofondateur de l’association “info-en-danger www.infoendanger.net” créée en 2006, au sein de laquelle il se bat pour défendre la liberté d’expression, garante de la démocratie.

Christian Campiche est domicilié à Lausanne en Suisse.
(1) “Un journal témoin de son temps”, éditions Slatkine, 1999
(2) “Le séducteur de l’Occident” , par Christian Campiche, Georg Editeur, 1999
(3) “Le Nègre de la Rose”, par Christian Campiche, Editions de L’Hèbe, 2004
Dernière mise à jour: mai 2009

(4) “Le krach mondial - Chronique d’une débâcle annoncée - Et après”, par Christian Campiche, Editions de L’Hèbe, 2009